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LA GRANDE INDUSTRIE
CONCLUSION
Comme conclusion, écartons deux malentendus. D’a-bord il ne faut nullement admettre que la situation éco-nomique et sociale actuelle de l’industrie du Lancashire soit celle de toute l’industrie anglaise. Il faut bien plutôtcomparer entre eux les différents degrés de développe-ment de l’industrie textile anglaise à l’époque actuellesur le terrain de la grande industrie. Dans cet ordred’idées, nous nous trouvons en face de conditions socialesqui présentent beaucoup d’analogies avec celles du Lau-cashire vers 1830, et celles de l’Allemagne à présent.
Si nous nous rendons par exemple de Manchester àBradford, le centre de l’industrie de la laine cardée,nous entrons dans un tout autre monde économique etsocial. Déjà le marché de la matière première y estmoins développé que pour le coton. Tandis que lefilateurdans le Lancashire fait ses achats chaque semaine, lesventes aux enchères pour la laine n’ont lieu à Liverpoolque tous les six mois. De plus il faut à Bradford uneclasse spéciale de marchands de laine, qui font mélangeret carder les laines moyennant une commission. Ces deuxopérations ont d’ailleurs le caractère d’un travail de sai-son : elles sont entreprises pendant une partie de l’annéedans des séances de jour et de nuit, ce qui rend lessalaires moins élevés et les conditions du travail con-traires à la santé. Par exemple lescardeurs de laine (d’uneou de deux machines à carder), qui travaillent dans des