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LA GRANDE INDUSTRIE
la corporation ; le mode de production était fixé dans leplus grand détail ; des inspecteurs de l’Etat exerçaientun contrôle. Des défauts dans le tissu étaient frappés depeines. De même le droit de transport des tissus decoton était rattaché aux attributions de membre de lacorporation des marchands ; le titre d’entrepreneur d’in-dustrie avait presque l’importance d’une fonction publi-que. Indépendamment d’autres conditions, il fallaitsubir un examen rigoureux. Le débit même était soumisà des règles étroites ; pendant longtemps les prix furentmaintenus fixes, et il y avait même un prix de ventemaximum fixé par l’autorité supérieure. Le débitantétait tenu d’acheter au tisserand sa marchandise, moyen-nant quoi un monopole lui était garanti pour la vente.Dans de pareilles conditions, il était impossible desonger à l’emploi de machines. Non seulement la pro-duction était réglée par les prescriptions de l’Etat, ettoute infraction était soumise à une peine, mais, ce quiest plus important, toute espèce de stimulant vers leprogrès technique faisait défaut, puisque tout individupossédant une situation légalement reconnue dans l’in-dustrie, tisserand ou débitant, était assuré d’une exis-tence facile à cause de l’ordre de choses établi, et quetoute impulsion manquait pour les recherches d’améliora-tions techniques. De plus, le développement du moded’industrie moderne aurait été en contradiction avecl’esprit même de cet ordre de choses, qui poursuivaitcomme but l’égale répartition des richesses et cherchaità empêcher l’enrichissement d’un petit nombre, qui estlié inévitablement au système de fabrique moderne. Cefut seulement la concurrence avec les produits des ma-