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l-A GRANDE INDUSTRIE
où elle se trouva peu à peu réduite au siècle dernier parl’émigration de l’industrie vers le continent.
Tandis que l’industrie de la laine ne s’affranchissaitainsi que peu à peu des entraves de l’ancien droit com-mercial, l’industrie du coton était un métier nouveauapporté dans le pays par le commerce, et que l’État traitaitavec défaveur par rapport à l’ancienne industrie. Tan-dis que la première était stimulée par tous les moyens(on connaît la disposition, d’après laquelle aucun mortne pouvait être enseveli sans avoir une chemise de laine)l’industrie du coton était accablée par des droits d’entrée(abolis seulement par Sir Robert Peel , après une sup-pression passagère (1787-98), par l’interdiction des in-diennes imprimées, remplacée plus tard par de lourdsimpôts de consommation (ces derniers abolis seulementen 1831). Malgré cela ce n’était pas l’industrie de la laine,mais celle du coton dont le développement merveilleuxdevait faire la grandeur de l’Angleterre .
Elle jouissait en effet d’un avantage sur l’industrie dela laine : celui de pouvoir se développer sans entraves surle terrain des idées modernes. Sur les bases de la pro-priété et de la liberté, l’esprit de commerce créa la pre-mière industrie moderne. Ce n’était pas un mal que lafibre tendre, qui en formait la base, fût un produit destropiques éloignés. Le commerce l’avait tout d’abord im-portée, et elle lui était redevable de l’affranchissementd’une réglementation des temps passés, qui enserraitses deux soeurs indigènes, les fibres de la laine et du lin.
Le mouvement s’empara d’abord de la filature, parceque la demande des fils avait déjà de beaucoup dépassél’offre. Il n’était pas possible de songer à des machines pour