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LA GRANDE INDUSTRIE
au-dessous, ce qui n’arrive que rarement, un filateur etun aide.
L’Angleterre nous montre ainsi sous ce rapport unaccroissement extraordinaire de la puissance de travailpar rapport à P Allemagne. Le fait est d’autant plus re-marquable que les différences techniques peuvent à peineentrer en ligne de compte. Les métiers automatiques,dans les deux pays, sont certainement construits d’aprèsdes principes exactement les mêmes; un grand nombrede ceux qu’emploie l’Allemagne ont été construits enAngleterre . Tandis que, dans cette dernière contrée onpeut considérer comme usuelle la proportion de 2000broches par paire de self-actors, la moyenne, en Alle-magne , est de 1300 à 1600 avec de grandes variationsdans certains cas; de 1300 à 1800, c’est la moyenne don-née pour Mulhouse. En Allemagne , ce nombre de bro-ches est gouverné par un plus grand nombre d’ouvriersqu’il n’en faut en Angleterre pour des broches plus nom-breuses. A Mulhouse , 1300 broches réclament un filateuret quatre aides (deux piéceurs, deux remplisseurs) ; enAngleterre , pour 2000 broches il suffit d’un filateur et dedeux aides. Dans une des plus belles filatures de Saxe,2000 broches réclament un filateur et quatre aides tan-dis que, dans la plus petite usine de ce pays, il faut jus-qu’à un filateur avec cinq aides pour une paire de métierscomprenant seulement 1600 broches.
Mais il faut noter tout spécialement que l’ouvrier fila-leur anglais n’a pas besoin d’autant de surveillance quel’ouvrier filateur allemand. En Angleterre , de 60000 à80000 broches, c’est-à-dire toute une filature, sont con-fiées à un seul surveillant (60 à 60 sh. par semaine). En