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LA GRANDE INDUSTRIE
La ligne n° 6 est particulièrement intéressante par lacomparaison des deux 40 twist de Oldliam. L’un corres-pond à l’ancien outillage, l’autre au nouveau.il en résulte,de la façon la plus claire, que c’est bien le progrès tech-nique qui exige des ouvriers une capacité supérieuremais qui, en revanche, améliore leur situation. Quoiqueles fileurs et les aides soient mieux traités dans le secondexemple que dans le premier, le prix du filage est consitdérablement moindre. Enfin on arrive exactement auxmêmes résultats pour les n os plus fins (ligne 7 et 8) qui,en Allemagne, ne sont fabriqués que très exceptionnel-lement. Il faut noter spécialement la différence dans lesconditions de vitesse à Bolton et dans la splendidefilature d’Alsace. Cette différence doit être attribuéeà une moindre capacité de travail ; une vitesse plusgrande ne serait pas économique en Alsace, en rai-son de la perte par comparaison au rendement théo-rique. ■ ;
Résumons brièvement. En Angleterre l’ouvrier dirigeà peu près deux fois autant de métiers qu’en Allemagne; les machines vont plus vite ; la différence entre le rende-ment réel èt le'rendement théorique est moindre. A cetégard, il faut Se mettre dans la tête qu’en Angleterre leremplissage et le dévidage des bobines prennent moinsde temps, que les ruptures ont lieu moiiis souvent et quele rattachage dés fils cassés se fait plus vite. De tout celail résulte que le prix de main-d’œuvre par livre de coton— surtout si l’on y comprend les frais de surveillance —est décidément moindre en Angleterre qu’en Allemagne. Les salaires de l’ouvrier anglais sont presque doublesde ceux de l’ouvrier allemand ; quant aux heures de