MAIN-D ŒUVRE
17!»
divisé l’ancienne main-d’œuvre en un très grand nombred’actions simples. Cette division du travail, telle <pi’elleest déjà recommandée par W. Petty, déjà décrite parAdam Smith dans son exemple bien connu de la fabriqued’épingles, fut le premier pas qui conduisit à simplifierchaque opération dans une mesure suffisante pour qu’ellepût être entreprise par une machine. C’est donc la ma-chine qui a affranchi l’ouvrier de cette division préalabledu travail qui faisait de l’homme lui-même un simpleoutil. La division du travail a été transférée elle-mêmede l’ouvrier à la machine. Plus celle-ci devient automa-tique, plus automatique aussi devient le travail de sur-veillance.
L’avantage dû à l’agilité et à la dextérité de maindisparaît aussi dans une mesure croissante, et cela semanifeste, entre autres, par l’élévation de la moyennedes salaires et le rapprochement des salaires extrêmes.La différence des sexes est elle-même atténuée par lamachine. Du temps d’Ure, le travail féminin dans l’in-dustrie du coton était payé encore plus bas que le travailmasculin aujourd’hui en Allemagne. Dans le Lancashire ,cette différence est aujourd’hui annulée dans bien descas. Spécialement dans le tissage, les ouvriers et ouvrièrestravaillant à la pièce gagnent la même chose et, précisé-ment à Lowel, ce sont de jeunes ouvrières tisseuses quigouvernent de G à 8 métiers chacune (1).
Malgré cela, ce serait une erreur de supposer que le
(1) Cf. Lidmey Well, Economie Journal, vol. 1, no i. L'industriecotonnière anglaise est en avance sur les autres précisément parce quecelles-ci ont moins largement recours à la machinerie moderne. C'estdans celte industrie que la suppression do la différence entre le Iravail