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LA GRANDE INDUSTRIE
lution économique qui, de non-propriétaires qu’ils étaient,doit les rendre participants à la propriété du ca-pital existant. On voit plutôt constamment dans l’his-toire la décentralisation économique, c’est-à-dire unerépartition uniforme de la propriété, précéder unedivision plus uniforme de la puissance politique. Lespays où la répartition de la propriété est inégalefurent toujours oligarchiques, comme les pays de grandepropriété foncière, de commerce et de grande industrienaissante. C’est dans la mesure où le développementde l’exploitation mécanique élève la condition écono-mique des classes ouvrières, que ces dernières gagnentune influence effective, qui manque au parti ouvrierintransigeant de ce premier degré du développement,parce qu’il se fonde sur une faiblesse économique.
De quelle manière, demandons-nous, est placé le capi-tal largement réparti entre les ouvriers en coton duLancashire ? Il faut faire entrer en ligne de compte lescompagnies d’assurances de toute nature, en particulierles grandes et riches associations amicales, puis les caissesd’épargne nationales et privées, les sociétés de cons-truction, les entreprises industrielles, etc. Nous ne met-tons en évidence ici que deux sortes de placements : lesassociations et les sociétés par actions. Pour ce qui con-cerne les associations, je renvoie à ce qui est dit dans lepremier volume de mon livre sur « la paix sociale »,aussi bien qu’à l’excellent ouvrage de Miss Potter.
Prenons seulement ici comme exemple l’énorme chiffred’affaires traitées par l’association d’Oldham. Cette der-nière comprenait en 1890 onze mille membres, apparte-nant exclusivement aux classes ouvrières, et avait en 1889