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LA GRANDE INDUSTRIE
Les ouvriers sont peu organisés et c’est un fait carac-téristique que Bradford est le seul endroit où, pour lesprochaines élections au Parlement, des candidats ouvriersparticuliers sont présentés, tandis que partout ailleurs enAngleterre il est reconnu que les ouvriers ne perdent pasde vue leurs intérêts tout en appartenant à tous les par-tis politiques. Les rapports entre ouvriers et patronssont extrêmement tendus, et rappellent l’état de ceux quiexistent dans les centres de fabrique allemands, dans les-quels le mouvement ouvrier a brisé les relations de l’an-cien temps. Mais ces rapports sont particulièrementodieux dans ces entreprises gigantesques, que nous avonscitées plus haut, qui ont maintenu en vigueur l’antiqueautorité patriarcale .
Ces rapports sont éclairés d’un jour particulier, si l’onsonge qu’il ne s’agit nullement ici d’une exportationreposant sur l’industrie, qui comme celle du Lanca-shire domine sur son terrain propre le marché du monde.Il est reconnu qu’il existe dans l’industrie une divi-sion étendue du travail qui, à beaucoup de points devue, n’en fait pas des rivales directes ; cependant, toutbien considéré, on ne se trompera pas si l’on re-garde sur ce terrain les industries allemande et anglaisecomme parvenues à peu près au même degré de dévelop-pement économique. Relations sociales analogues dansles deux cas, et avec cela différence entre Bradford et leLancashire , bien que ces deux points ne soient séparésque par une heure de chemin de fer.
Mais l’industrie du Yorkshire fournit encore de nou-velles preuves de la dépendance des conditions socialeset économiques. Dans différentes contrées de ce comté le