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1 (1932)
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MÉMOIRES 3U MARÉCHAL JOFFRE

guerre et directeur de larrière. En même temps, jétaisnommé inspecteur des 7 e , 13 e et 14 e corps darmée.

Le 2 mai suivant, je prenais part à la première séancedu Conseil. M. Fallières présidait ; le général Trémeauétait encore vice-président. Il sagissait de lorganisationdéfensive des frontières du nord et de lest. Cétait unequestion qui métait familière, ayant eu à men occuperdéjà comme directeur du génie, et mon opinion étaitfaite depuis longtemps. Jestimais quil ny avait lieu dene classer que les ouvrages en état de présenter une dé-fense sérieuse. Or, sur notre frontière du nord-est, nousavions alors une série de bicoques, absolument hors détatde résister aux engins modernes ; en persistant à les con-sidérer comme des places, on mettait lofficier chargé deles défendre dans une situation inacceptable.

Aussi lorsquon en vint à discuter les places de Montbard ,Montmédy, Lomont, Longwy , jexprimai lavis quellesdevraient, comme toutes celles de même nature, être mises,telles quelles étaient, à la disposition du général en chefqui les utiliserait le cas échéant comme points dappuide campagne, sil nétait pas possible den faire des for-tifications modernes. Je ne fus pas suivi par les autresmembres du Conseil, qui estimèrent que la capacité derésistance de ces places était seulement limitée par lesapprovisionnements de toute nature qui y seraient cons-titués.

Toutefois je trouvais loccasion dexposer à ce sujetune autre idée qui depuis longtemps déjà me préoccu-pait; jindiquai que pour renforcer ces places, il faudraitpouvoir disposer dun matériel dartillerie lourde très mo-bile. Or, sur ce point, nous étions nettement en retardsur les Allemands. Et dans mon esprit ce matériel queje demandais devait servir à deux fins : apte à renforcerla défense des places attaquées et susceptible, dautrepart, de coopérer aux opérations des parcs légers de siège.

La question parut émouvoir le président : il se tournavers le ministre et lui demanda son avis. Celui-ci reconnutque notre matériel de siège était le matériel de campagne