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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

que 375 coups par pièce représentant un tonnage de400 tonnes de projectiles tandis que nous en avions nous-mêmes 500 tonnes représentant 615 coups pour chacune denos pièces de corps darmée. La répartition des munitionsentre les divers échelons du corps darmée français per-mettait de disposer de 37 000 coups sur le champ de ba-taille, tandis que le corps darmée allemand ne disposaiten première ligne que de 18 000 coups. La solution adoptéeen France semblait donc mieux répondre aux exigencesde la consommation des pièces à tir rapide.

Je ne partageais pas cet optimisme ; en effet, nos rensei-gnements étaient fort incomplets en ce qui concernait lesapprovisionnements constitués en Allemagne dans les dé-pôts darmée, détapes et de lintérieur. Dautre part, lar-tillerie à tir rapide est une grande consommatrice de mu-nitions, et puisque nous étions résolus à donner une allureoffensive à nos opérations éventuelles, il fallait redouterle sort dune armée dont les munitions seraient épuiséesen face dun adversaire encore pourvu dobus. De plus,si nous avions moins de canons que les Allemands, nousdevions compenser cette infériorité en nous réservant lapossibilité de tirer un plus grand nombre de coups de canonpar pièce. Linfanterie ne pourrait exécuter ses attaquesquappuyée par un ouragan de projectiles, et il paraissaitinutile de posséder des armes à tir rapide si on ne mettaitpas à leur disposition dabondants approvisionnementspour les alimenter. Par surcroît, linfériorité de notre ar-tillerie lourde nous faisait un devoir de réaliser pour notreartillerie de 75 une écrasante supériorité.

Aussi, lorsque à la fin de lannée 1911, je fus appelé àprésider les conférences qui fixèrent le programme desbesoins de la défense nationale, je posai en principe queles approvisionnements de 75, qui devaient être portés de1 200 à 1 500 coups, étaient à constituer non pas en cinqans et demi comme on lavait prévu, mais en quatre ans.

En 1912, on dépensa 10 millions pour cet objet, et 14 mil-lions et demi en 1913. Malheureusement, la fabricationfut ralentie par limpossibilité dans laquelle se trouva le