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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE
En ce qui concerne la mobilisation industrielle, l’idéed’une collaboration de l’industrie privée avait encore sipeu pénétré dans les esprits, que, le 20 février 1914, ladirection des Forges de l’artillerie avisait les quelques in-dustriels français qui avaient jusque-là travaillé pour elle,que les conventions passées pour la fabrication des muni-tions en temps de guerre venant à expiration ne seraientpas renouvelées. Elle préparait seulement des marchés,et prévoyait la réquisition des matières premières. Le con-cours industriel n’était prévu que pour la fabrication desdouilles. En apprenant cette nouvelle, je me rendis auprèsde M. Messimy pour obtenir de lui la continuation du con-cours industriel. Le ministre était tout acquis à cette idée,mais il ne put parvenir à la faire aboutir avant la déclara-tion de guerre. Le 1 er août 1914, il décida bien que la fa-brication serait intensifiée dans la plus large mesure, enfaisant appel à l’industrie privée, mais cette décision, quiprit de court les industriels, ne pouvait avoir d’effet immé-diat. Il fallut l’arrivée au ministère de la Guerre de M. Mil-lerand pour que cette question reçût enfin une solution.