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de la place. En ce qui concerne Namur , les renseignementsétaient encore moins favorables, si bien que j’envisageaila possibilité, pour le cas où les Belges nous autoriseraientà pénétrer en armes sur leur territoire, de faire occuperla place par une division d’infanterie : la l ro . L’étude àlaquelle je fis procéder, fit ressortir que cette divisionpourrait être concentrée du quatrième au cinquième jour,soit entre Jeumont et Maubeuge , soit, si l’on pouvait utiliserles chemins de fer belges, entre Jemmapes et Charleroi .Dans le premier cas, elle pourrait être à Namur le septièmejour au matin; dans le deuxième cas, le cinquième jourau soir, Jemmapes étant à 12 kilomètres de la place.
Un dernier élément du problème belge consistait dansla réorganisation de l’armée, à laquelle s’était attelé M. deBrocqueville, président du Conseil. A la suite de patientsefforts, il parvint à faire voter par le Parlement belge,le 30 août .1913, la loi qui réorganisait l’armée. Mais lesdispositions de cette loi ne devaient avoir leur plein effetqu’au bout de dix ans. D’autre part, pendant la discus-sion, M. de Brocqueville avait déclaré que l’armée belge ainsi reconstituée était destinée « à faire pencher la ba-lance en faveur de celle des puissances qui n’aurait pas,la première, violé la neutralité du territoire belge ».
Examinons maintenant quelle était notre situation vis-à-vis de la Russie .
Il est nécessaire, pour cela, de remonter jusqu’à la con-vention militaire secrète qui nous liait à nos alliés orien-taux. Cette convention avait été signée à Saint-Péters-bourg , le 17 août 1892, par le général Obroutchefî, chefde l’état-major général de l’armée russe, et le général deBoisdefîre, alors sous-chef d’état-major de l’armée fran-çaise, envoyé à cet effet en mission en Russie . L’empereuret le gouvernement français avaient approuvé cette con-vention en décembre 1893 ; née de la Triple-Alliance, elledevait avoir la même durée qu’elle. En août 1899, à lasuite de nouveaux pourparlers, la portée de cet accordfut singulièrement étendue, puisque les deux gouverne-