LA GENÈSE DU PLAN XVII
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rions la neutralité belge , et où, comme on l’a vu, une offen-sive en Lorraine serait nécessaire, notre système fortifié,malgré sa valeur défensive, ne répondait plus à ces exi-gences offensives. Si nous n’avions pas eu d’autre préten-tion que celle d’attendre les Allemands à la sortie destrouées volontairement ménagées dans ce système en vuede canaliser l’invasion, les barrages des Hauts-de-Meuseet de la chaîne des Ballons auraient encore été susceptiblesde rendre les mêmes services qu’à l’époque où le généralSéré de Rivière les avait conçus. Mais nos places du Nord-Est devaient maintenant favoriser le départ offensif denos armées destinées à attaquer en Lorraine , en leurouvrant tous les débouchés utiles. Or, sauf peut-être auxabords de Verdun, et dans la région d’Ëpinal , notre sys-tème fortifié n’était pas susceptible de jouer un rôle ana-logue à celui que les Allemands attribuaient au groupeMetz-Thionville . A ce point de vue, la substitution deToul à Nancy comme musoir sud de la ligne des Hauts-de-Meuse avait été, à mon avis, particulièrement regret-table : enfoncée entre les forêts de Haye et de la Reine,Toul ne nous assurait la possession d’aucun débouchéimportant, et si les Allemands parvenaient à s’installersur les Couronnés de Nancy , nous serions probablementobligés d’ouvrir la campagne par de difficiles et coûteusesopérations pour reprendre la ligne de la Meuse .
Or, pour des raisons budgétaires évidentes, il eût étéchimérique de projeter des modifications profondes à notreorganisation : je prescrivais donc l’étude d’organisationsdéfensives du moment, en particulier autour de Nancy etdans la région d’Hattonchâtel, combinées avec celles quej’envisageais pour faire échec à la puissance offensive deMetz .
Il était évident que toutes ces organisations ne pour-raient être réalisées à temps que si elles avaient fait, dèsle temps de paix, l’objet d’une reconnaissance détailléeet d’une minutieuse préparation.