180
MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE
de surveillance, tout d’abord par des régiments de réserve,puis, après leur départ, par deux divisions territoriales main-tenues respectivement à Perpignan et à Bayonne . Au centre,un cordon de douaniers et de forestiers était considéré commesuffisant.
Défense des côtes : La défense était confiée à l’armée navalefrançaise concentrée tout entière en Méditerranée.
L’organisation devait comprendre :
1° Une défense mobile. Les côtes de la mer du Nord et de laManche, étant les plus exposées, seraient divisées en trois sec-teurs, comprenant : le 1 er , les ports de Calais et de Boulogne ;le 2 e , ceux de Dieppe et du Havre ; le 3 e , le Contentin. A chacunde ces secteurs serait affectée une division territoriale stationnéerespectivement à Saint-Omer, à Rouen et dans le Cotentin; une réserve centrale pourrait, en outre, être prévue. Pour ladéfense éventuelle des côtes de Bretagne et d’une partie de cellesde l’Océan, une division territoriale serait placée au Mans ouà Angers ; la division territoriale de Bayonne, outre sa missionface à l’Espagne, assurerait la défense du reste du front del’Océan.
2° Une défense fixe. Cette défense serait assurée par les gar-nisons des points essentiels : Cherbourg, Brest, Lorient, Bor-deaux, Toulon, Bizerte .
Le Conseil supérieur de la Guerre se réunit au ministèrede la Guerre, dans l’après-midi du 18 avril 1913, sous laprésidence du ministre, M. Étienne. Appelés à voter sur laquestion de savoir s’il y avait lieu d’élaborer un plan XVIIsur les bases du rapport de présentation que je viens derésumer, les membres du Conseil votèrent oui à l’unani-mité, sans qu’aucune objection ait été soulevée.
Le lendemain, je partis en tournée d’inspection avecM. Étienne. Nous visitâmes en particulier Verdun et lesdéfenses de Nancy .
Le 2 mai, le ministre approuvait à son tour les basesdu plan, qui devenait ainsi exécutoire. Sa nécessité se ré-vélait, d’ailleurs, plus grande chaque jour; en effet, lamise en place des documents relatifs à la variante n° 2, ter-minée dans le courant du mois d’avril, avait révélé uncertain nombre d’erreurs imputables aux modifications