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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

la main et me dit : « Bravo ! » Puis, tous deux, le plus tran-quillement du monde, nous examinâmes les premièresmesures qui seraient à prendre si la menace de guerrese précisait.

Ce qui rendait fort délicate notre situation, cétaitlabsence du gouvernement : le Président de la Républiqueet le Président du Conseil, ministre des Affaires étrangères,étaient en effet en Russie . Il en résultait pour les membresdu cabinet restés à Paris une lourde responsabilité.

Aussi suis-je obligé de dire quune certaine nervositérégna dans les sphères officielles pendant ces quelquesjours.

Samedi 25 juillet. Cest ainsi que le 25 juillet, à22 heures, aussitôt que le ministre de la Guerre apprit larupture des relations entre la Serbie et lAutriche, il fitenvoyer directement, et sans me consulter, par son chefde cabinet, le général Guillaumat, un télégramme don-nant lordre de rappeler les généraux et les chefs de corpsabsents de leurs garnisons.

Dimanche 26 juillet. Lorsque jappris, le lendemainmatin, cette décision du ministre, jestimai nécessaire,afin de préciser mes responsabilités, de rappeler au ministrequil existait un document fixant par ordre chronologiqueles diverses mesures,à prendre en cas de tension politique.Ce document avait été médité avec soin, établi dans lecalme, en prenant la question dans son ensemble, afin denous mettre à labri de toute improvisation nécessaire-ment défectueuse. Aussi, lorsque avant le Conseil de cabinetqui se tint le 26 à 11 heures du matin aux Affaires étran-gères, je fus reçu par le ministre de la Guerre, je mepermis dinsister avec fermeté auprès de lui sur la néces-sité de nous en remettre à lexécution stricte des diversesmesures prévues dans les Annexes II et II bis à lInstruc-tion sur la préparation à la mobilisation (1). M. Messimy

(1) Cette Instruction, en date du 15 février 1909, avait été remiseà jour le 4 avril 1914.