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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE
emplacement par voie de terre ; aucun mouvement parchemin de fer n’était autorisé. Aucune convocation deréservistes ne devait être faite pour le moment ; on nedevait pas avoir recours aux réquisitions ; c’est par achatsà l’amiable que l’armée pourrait se procurer les chevauxde complément qui lui, étaient nécessaires. Enfin, lestroupes de couverture devaient être maintenues à 10 kilo-mètres de la frontière pour empêcher tout contact entrepatrouilles allemandes et françaises.
Lorsque le ministre m’eut communiqué ces décisions,je m’élevai vivement contre la non-convocation des réser-vistes et contre la limitation de la couverture aux seulestroupes faisant mouvement par voie de terre ; je lui repré-sentai que cette demi-mesure était insuffisante pour nousmettre à l’ahri d’un coup de force dirigé contre notrefrontière. En ce qui concernait la réserve des 10 kilo-mètres, je fis peu d’objections, me rendant compte desraisons qui l’avaient motivée, estimant d’ailleurs que cettemesure n’était pas de nature à compromettre ni notremobilisation, ni les opérations ultérieures. Mes objectionsfurent sans effet ; la décision avait été prise en Conseil desministres ; M. Messimy ne pouvait revenir sur elle de sapropre autorité. Tout ce que je pus obtenir fut que lestroupes à embarquer seraient rapprochées des gares. Enoutre, je fis observer que l’obligation de nous retirer à10 kilomètres de la frontière était trop rigide, et j’obtinsl’autorisation de dessiner moi-même la ligne à ne pasdépasser.
Ce fut vers 17 heures que le ministre signa l’ordre demise en place de la couverture adressé aux 2 e , 6 e , 7 e , 20 eet 21 e corps d’armée, peu de temps d’ailleurs après qu’ileut appris du préfet de Nancy la violation de la frontièreà Xures.
Après plusieurs retouches, l’ordre envoyé fut ainsiconçu :
« Exécutez mesures préparatoires aux opérations n° 24exercice mobilisation garnisons extrême frontière viséespar Annexe II à Instruction 15 février 1909 ;