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1 (1932)
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228 MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

Ainsi, le 1 er août au soir, à linstant allait commencernotre mobilisation générale, il nous était interdit deprendre pour la concentration de nos armées aucune me-sure qui pût laisser croire à une intention de notre partde violer les territoires belge et luxembourgeois. Toutefois,dans le cas les Allemands viendraient à violer eux-mêmes ces deux neutralités, et sous la réserve que legouvernement français nous y autoriserait alors, nous de-vions nous mettre en mesure dutiliser ces nouveauxchamps de bataille.

Donc, lincertitude la plus absolue planait à ce momentsur nos possibilités. Il nous suffisait donc, pour linstant,de laisser se dérouler les premiers transports prévus dansnotre plan qui correspondait justement à lhypothèse dela non-violation de la Belgique et du Luxembourg. Dail-leurs, les premiers transports de concentration ne devantcommencer que le 6 août, il restait encore quatre jourspleins avant de prendre la décision de varianter la con-centration et de remonter vers le nord laile gauche denotre dispositif.

Telles étaient mes dispositions desprit dans cette soiréedu 1 er août nous apprîmes successivement que lItalie avait déclaré à lambassadeur dAllemagne quelle ne pour-rait participer à la guerre, si elle survenait, en raison ducaractère agressif quelle revêtait du fait de lAllemagne et de lAutriche, puis vers 23 heures, la déclaration deguerre de lAllemagne à la Russie.

Cest à ce moment que je pris connaissance de la lettredans laquelle le général Lanrezac mexposait la manièredont il envisageait lexécution de la mission qui lui étaitconfiée en cas de guerre. Au milieu des événements decette importante journée, cette lettre mapparut hors depropos ; en effet, il était prématuré de discuter avec lundes commandants darmée dune situation stratégique en-core mal précisée. Après avoir admis comme probableléventualité laile droite allemande serait orientée versSedan, le général Lanrezac étudiait le cas celle-ci mar-cherait sur Givet et plus au nord. Dans ce cas, « il est