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2 kilomètres la bande frontière interdite. Il me promitd’ailleurs de soumettre la question au Conseil des mi-nistres.
Or, au début de l’après-midi, la nouvelle parvint àParis que la frontière française avait été violée en plu-sieurs endroits, notamment à Longwy et près de Cirey ;en outre, on apprenait que trente-cinq autos allemandeschargées d’officiers et de soldats allemands étaient entréesà Luxembourg. Ces circonstances parurent sans doutedéterminantes au gouvernement français, car, dès 14 heures,le général Belin reçut du ministre un coup de téléphonelui faisant connaître que le gouvernement « rendait augénéral commandant en chef liberté absolue de mouve-ment pour l’exécution de ses prévisions, dussent-elles con-duire au franchissement de la frontière allemande. ».
C’est dans ces conditions que, dans la soirée du 2 août,j’adressai à tous les commandants de secteur l’Instructiongénérale pour la couverture : elle affirmait mon dessein dene prendre l’offensive que toutes forces réunies et précisait,malgré l’autorisation qui m’était donnée, qu’afin de laisseraux Allemands l’entière responsabilité des hostilités, « lacouverture devrait se borner à rejeter au delà de la fron-tière toute troupe assaillante, sans la poursuivre plus loin,et sans entrer sur le territoire adverse. »
Dans la matinée du 2 août, la nouvelle de la violationde la Belgique était parvenue à Paris : si elle était con-firmée, elle présentait un intérêt tout particulier, car elleparaissait indiquer un prolongement de l’action ennemielargement au nord de la région de Verdun. Dès le débutde l’après-midi, nous reçûmes des précisions telles sur lesforces allemandes au nord de la ligne Thionville-Verdun, que la violation du Grand-Duché ne pouvait plus êtremise en doute.
Ainsi, de par la volonté de l’ennemi, et conformémentaux termes mêmes de notre déclaration à M. Eyschen, unnouveau théâtre d’opérations nous était ouvert ; bien plus,la présence d’éléments du VIII e corps allemand signaléedans la région de Malmédy pouvait laisser prévoir que le