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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

des ordres étaient donnés pour que la 5 e armée dirigeât,dès le lendemain, sur Paris, un corps darmée à deux divi-sions. Je lui dis enfin que javais décidé de faire au profit denotre gauche dautres prélèvements sur les l re et 2 e armées.

Nos alliés russes mapportèrent, en cette fin de journée,des préoccupations qui vinrent sajouter à toutes celles quimassaillaient. Jai dit à plusieurs reprises lintérêt quejattachais aux opérations russes. Les renseignements fa-vorables que nous en avions reçus jusquici me faisaientespérer que les Allemands seraient bientôt obligés de re-porter vers lEst une partie de leurs forces quils avaientengagées contre nous. Cétait notre principale raison dechercher à durer, estimant que, dici peu, lélan de nosadversaires serait brisé sur notre front. Or, vers le milieude la nuit, nous apprîmes quà Belfort un radio allemandavait été intercepté disant : « Le succès de la bataille deTannenberg est encore plus complet quon ne le croyaittout dabord : trois corps darmée russes sont complè-tement anéantis ; 70 000 prisonniers ; une partie des 6° et1 er corps darmée sont en fuite ; la 2° armée russe nexisteplus. »

Quelle créance fallait-il donner à ces nouvelles? Je necache pas que je ne pus me défendre dun sombre pressen-timent.

Et cependant, malgré cette catastrophe, les Russes ve-naient de nous rendre le service que jattendais deux.Comme je le sus le lendemain, au moment la tristenouvelle deTannenbergnous parvenait, deux corps darméeallemands venaient de quitter notre front pour se rendreen Prusse orientale .

31 août. Comme il arrive souvent à la guerre, la si-tuation générale le 31 août au matin me parut plusfavorable que dans cette journée du 30 dont je viens deparler.

En effet, un radio allemand saisi semblait indiquer queles corps darmée ennemis engagés le 29 contre notre5° armée avaient subi un véritable échec : « Cachez aux