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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

Nous parlâmes alors de l’état de son corps d’armée,de celui de ses voisins, et, lui ayant demandé son avissur la possibilité pour la 5 e armée de reprendre l’offensive,il me répondit que cette décision lui paraissait prématurée,en raison de l’état de fatigue des troupes.

Notre entretien dura une demi-heure environ. Fran-chet d’Esperey me quitta pour rejoindre son quartiergénéral où je devais lui envoyer mes ordres.

De mon côté, je continuai mon chemin jusqu’à Sézanne,où le quartier général de la 5 e armée était installé dansl’école. Lanrezac était dans son bureau. J’entrai et jerestai seul avec lui. Notre entretien fut bref : « Mon ami,lui dis-je, vous savez que je vous ai toujours soutenu etpoussé dans votre carrière. Mais, vous êtes fatigué, hési-tant ; il faut quitter le commandement de la 5 e armée. Ilm’est pénible de vous le dire ; mais j’y suis obligé. »

Lanrezac réfléchit un instant, puis me répondit : « Vousavez raison, mon général. » Et contre toute attente, ilm’apparut comme délivré d’un fardeau écrasant, et sonvisage s’illumina littéralement. Je lui annonçai que j’allaisle mettre à la disposition de Galliéni et que, dans cettesituation, il rendrait, j’en étais convaincu, les plus grandsservices.

Je fis alors chercher Franchet d’Esperey à son quartiergénéral. Je l’attendis en faisant les cent pas dans la courde l’école. Quand le nouveau commandant de la 5° arméearriva, je lui confirmai ma décision, et je quittai Sézannepour rentrer au grand quartier général.

Il était près de 20 heures, quand j’y arrivai. La réponseà la question que j’avais fait poser à Foch, le matin, m’yattendait. C’était le capitaine André Tardieu qui mel’avait apportée ; l’avis du général était net : en raison dela situation matérielle de son armée encore en voie d’or-ganisation, il considérait comme prématuré de reprendreavant quelques jours des opérations offensives.

Le lieutenant-colonel Bernard de l’état-major de la4° armée était venu, de son côté, demander, d’une façonprécise, le transport en chemin de fer pendant une ou