Print 
1 (1932)
Place and Date of Creation
Page
444
Turn right 90°Turn left 90°
  
  
  
  
  
 
Download single image
 

444

MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

région de Lille-Douai ne permettait pas le débarquementdu 21 e corps aussi loin qu’il était prévu ; et l’état-major dela 2 e armée proposait la région de Béthune pour y effectuerles débarquements projetés.

A 14 h. 50, un message du général Anthoine, chefd’état-major de la 2 e armée, revenait à la charge et insis-tait pour que les débarquements fussent reportés surBéthune .

Ces appels réitérés 'me parurent de mauvais augure.

Tout d’abord, ils montraient que le commandementde la 2 e armée envisageait la possession de Lille et de sespuissantes ressources industrielles comme compromises, etpeut-être sa perte comme imminente. Ils montraient sur-tout que nous ne paraissions plus mener la partie, et quel’ennemi au contraire nous devançait et tendait à nousimposer sa volonté.

Aussi à 17 h. 20, je fis télégraphier au général de Cas-telnau « qu’en cas d’impossibilité absolue d’un débarque-ment à Lille , le 21 e corps serait arrêté sur le tronçonArmentières-Hazebrouck ... ce résultat serait extrêmementfâcheux. Ne renoncez à Lille qu’à la dernière extrémité...»

Et je fis aussitôt partir le commandant Fétizon, monagent de liaison auprès de la 2° armée, porteur d’un ordreprécisant cette décision.

En arrivant à Breteuil, quartier général de la 2 e armée,le commandant Fétizon fut aussitôt reçu par le généralde Castelnau et son chef d’état-major, qui lui exposèrentles risques que présentait à leurs yeux le débarquementdu 21 e corps à Lille . Et le commandant de l’armée, pourbien mettre mon agent de liaison au courant de la situation,ajouta que non seulement il ne pouvait pas songer à dé-barquer le 21 e corps à Lille , mais qu’il envisageait mêmele repli de l’aile gauche de son armée derrière la Sommeen aval d’Amiens , en raison des attaques violentes del’ennemi qui nous menaçait d’enveloppement.

Fétizon s’efforça vainement de combattre cette manièrede voir, si contraire à mes intentions. Il comprit très vitequ’il ne parviendrait pas à faire changer d’avis le com-