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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE
de Dunkerque « d’envoyer dans la direction de Gand desdétachements légers, transportés en automobiles ou parchemin de fer... et de faire annoncer en Belgique , l’arrivéeprochaine dans la région, d’importantes forces anglo-françaises ». Toujours dans le même but, la garnison deDunkerque fut renforcée par l’arrivée d’une brigade defusiliers marins, qui s’embarqua en chemin de fer à Paris ,le 7 octobre, et par la 89 e division territoriale transportéele 8 octobre de Versailles sur Cherbourg où elle s’em-barqua.
Mais il ne rentrait pas dans mes intentions d’aller avecune armée au secours de nos alliés, comme l’état-majoret le gouvernement belges le demandaient instam-ment.
J’ai dit combien dans les premiers jours d’octobre notrepropre situation était difficile : l’armée Castelnau accrochéesur tout son front, et son chef s’attendant d’un momentà l’autre à voir sa ligne crevée quelque part, l’armée deMaud’huy cédant par place du terrain, et son chef ayantl’impression qu’au lieu d’envelopper l’ennemi c’était luiqui était enveloppé.
Le 1 er et le 2 octobre, j’échangeai avec Bordeaux denombreux télégrammes pour exposer ma conception. Amon avis, il était impossible de distraire des troupesfrançaises de l’action générale engagée, à 150 kilomètresà vol d’oiseau de ma gauche. L’envoi d’une division ter-ritoriale à Anvers aurait un effet plus moral que matériel.Il me paraissait indispensable que l’armée belge de cam-pagne sortît de la place, que des mesures immédiatesfussent prises pour l’évacuation du matériel transportableet la mise hors de service du reste. Des forces anglo-françaises étaient en voie de formation dans la région duNord qui agiraient en liaison avec les Belges, et assu-reraient la sécurité de leur flanc s’ils se décidaient àretraiter vers Bruges et Ostende. Une fois ce dispositifréalisé, l’armée belge se trouverait à l’aile des arméesalliées, et en contact intime avec elles.
Dans le même ordre d’idées, je m’opposai de toutes mes