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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

« Je vous écris currente calamo un certain nombre dequestions qui me viennent à l’esprit. Peut-être vousdemanderai-je à aller vous entretenir dans quelques jours,quand les choses seront assises ici. Pour le moment, la lon-gueur du voyage me retient. Il y a de l’ouvrage à faire ici,mais il faut entrevoir l’avenir qui est peut-être proche.

« Nous faisons tout le possible pour regrouper nos unités,reconstituer des disponibilités. C’est ma préoccupationconstante. J’ai été amené aujourd’hui à engager un régi-ment de la 11 e division. Mais je crois avoir demain l’équi-valent de cette division disponible, s’il le fallait.

« Croyez, mon général, à mon bien attaché respect.

« Foch. »

Je procédai à ce moment à divers changements dansmon état-major.

Le général Berthelot dont j’ai à plusieurs reprises dansles pages qui précèdent, rappelé les brillants services qu’ilm’avait rendus, reçut le commandement d’un groupe dedivisions de réserve.

Je le remplaçai comme aide-major général par le généralNudant, chef d’état-major de la 4 e armée, qui fut remplacélui-même dans ses fonctions par le lieutenant-colonelPaquette.

Le 28 novembre, le grand quartier général se transportaà Chantilly. L’état-major s’installa à l’Hôtel du GrandCondé, où les nombreux services que les nécessités del’heure m’obligeaient à créer, purent trouver place. Per-sonnellement, je fus logé dans une villa appartenant àM. Poiret.

C’est à peu près à ce moment, au cours d’une tournéedans l’Est que je pris contact pour la première fois (le24 novembre) à Thann, avec la population de l’Alsace.« Il y a quarante-quatre ans que nous vous attendons,me dit l’un des délégués ! » L’accueil que je reçus de cesAlsaciens dont un demi-siècle de captivité n’avait pas