2 LA GRANDE INDUSTRIE
se maintinrent habituellement fixes, les oscillations duprix des céréales furent, pour le genre de vie des classesouvrières, un élément décisif. On en vint donc à sedemander si l’élévation ou l’abaissement du prix desmoyens d’existence était nécessaire pour le développe-ment économique d’un peuple ; et à cela se joignait, enAngleterre, la question de savoir si l’Etat devait ou nonmaintenir élevé le prix des denrées par des mesureslégislatives, en particulier par des primes d’exportationsur les céréales. Depuis que dans notre siècle, au con-traire, les salaires ont cessé d’être maintenus à un tauxfixe par la coutume et la loi, on a posé la question desavoir si l’on devait considérer comme un avantageéconomique pour un pays l’abaissement des salaires oubien leur élévation, et si le progrès économique (et l’onentend par là, aujourd’hui principalement, le développe-ment de la grande industrie) avait pour résultat uneaugmentation ou bien une diminution du bien-être desclasses qui travaillent pour elle.
1. — L’histoire du débat remonte, comme celle detant d’enseignements de l’économie politique, à ce grandobservateur qui mérite, entre tous, d’être appelé le Pèrede l’économie politique : Sir William Petty. Dans sonArithmétique politique, publiée à Londres en 1691,Petty défend les impôts sur les denrées, qui augmententla richesse d’un pays. En dehors de cette considérationque l’élévation du prix des denrées empêche les hommesd'employer leur argent à se procurer des jouissanceséphémères, il cite, comme preuve de son opinion, uneexpérience faite par des maîtres tisserands qui occupaientdes ouvriers. Quand le blé est bon marché, il doit en