INTRODUCTION
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paupérisme, afin que le prix du travail ne monte pas au-dessus du prix de revient des produits. Le système in-dustriel moderne et ses défenseurs auraient donc le plusgrand intérêt à empêcher les progrès de l’ouvrier. Lamême chose est répétée par le professeur Glaser, intime-ment lié d’opinion avec les auteurs précédents.
« Aucun homme connaissant vraiment les principesde l’économie politique ne prétendra qu’en présence del’état actuel de la production dans les Etats de l’Europe ,la condition de l’ouvrier puisse s’élever par ses propresforces au-dessus de sa situation présente. » Pour lui, l’An-gleterre , qui est le pays le plus avancé au point de vueéconomique, se trouve par le fait même dans la plus dé-plorable situation sociale, — c’est le pays de la misèredes masses, juste à la veille d’une Révolution.
A ces fondateurs du socialisme d’Etat actuel se ratta-chent des auteurs catholiques comme Jœrg, Ketteler etautres. L’impossibilité d’un progrès de l’ouvrier par suitede l’ordre économique actuel est pour eux un axiome, surlequel ils fondent leurs réclamations socialistes plus oumoins avancées.
VI. — Cette doctrine, tout comme celle du socialisme ra-dical, repose sur cette considération fondamentale com-mune, que le progrès économique enchaîne l’ouvrier enle réduisant au strict minimum nécessaire pour vivre, etque sur ce terrain une amélioration de sa situation, enparticulier un accroissement de salaire, est chose impos-sible. Cette opinion, qui n’est autre chose qu’une exagé-ration de la théorie des salaires de Ricardo, a été aban-donnée par les écrivains plus modernes ; l’école dite deManchester,aussi bien que l’école historique,reconnaissent