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LA GRANDE INDUSTRIE
ses livraisons de la Revue de Berlin et dans les annalesde Glaser, ce parti a développé, il y a 50 ou GO ans, un pro-gramme politico-social que Wagcner a résumé en 1855dans son « Projet pour un programme de Droit ». Ceparti qui d’un côté remonte à l’état mercantile sous Fré-déric le Grand et Frédéric Guillaume I er , est devenu d’unautre côté plus tard le point de départ du socialisme d’Etat.
De l’ensemble de ces publications découle cette penséefondamentale, que l’ordre social moderne fondé sur laliberté et la propriété, et en particulier la grande indus-trie qui s’est élevée sur ces bases, oppriment l’ouvriersans espoir de salut. Bien loin d’entraîner en même tempsun progrès social, le progrès économique devient au con-traire un abandon des « Principes de 1789 » et consi-dère comme salutaire un retour aux anciennes corpora-tions ouvrières avec la fixation des salaires par l’Etat.
C'est ainsi que Lavergne-Peguilhen rend le systèmeéconomique actuel responsable de l’opposition irréconci-liable entre le capital et le travail. Il pèse sur l'ouvrierplus que la féodalité du moyen âge et même que l’es-clavage. De môme Hermann Wagener traite l’état éco-nomique d’aujourd’hui de « lutte de désolation et d’anéan-tissement qui ne peut amener partout qu’au completasservissement social et politique des plus faibles, desesclaves sans maîtres d’à-présent ». La bourgeoisie invitel’ouvrier àla lutte « comme un paralytique à une course »et sous le prétexte dérisoire de la liberté du travail, ellel’a exclu de l’industrie par la supériorité de ses ressour-ces. La liberté du travail ne signifie rien autre pour l’ou-vrier que la faculté de choisir le métier où il préfèresouffrir la faim. Oui, la grande industrie a besoin du