INTRODUCTION
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posent, dans le langage le plus expressif, cette thèse quec’est la grande industrie moderne, et en particulier lamachine, qui opprime d’une façon irrésistible l’ouvrier.« Le travail du prolétaire a, par suite des progrès dela mécanique et de la division du travail, perdu tout carac-tère personnel et en même temps tout attrait pour l’ou-vrier. Les dépenses de l’ouvrier se réduisent par consé-quent presque aux denrées dont il a besoin pour sonentretien et pour perpétuer sa race. La valeur d’une mar-chandise, et par conséquent aussi du travail, est égaleau prix de revient. Le salaire s’abaisse dans la mesuremême où la situation du travail devientmoins florissante.»« L’ouvrier moderne, au lieu de s’élever avec le progrèsde l’industrie, s’enfonce toujours plus profondément dansles limites restreintes de sa propre classe. » Cette théo-rie, que Karl Marx a exposée sans réserve dans son ou-vrage : le Capital, a trouvé dans Lassalle un éloquent dé-fenseur. « Pour vous, Messieurs, s’écriait-il aux ouvriers,toujours le besoin, pour la part de l’entrepreneur, tou-jours tout ce que produit le travail en plus de ce qui estnécessaire. » Lassalle n’admet pas le progrès social commeconséquence du progrès économique, de là ses railleriespour les associations ouvrières anglaises, qu’il regardecomme « une tentative infructueuse de la marchandisetravail pour avilir l’humanité ».
Toute semblable est la doctrine du socialisme réaction-naire, en ce qui concerne les effets du système économiquemoderne sur la condition de l’ouvrier .Représentée en Angle-terre par les romans de jeunesse de Disraeli et par la hauteEglise anglicane contemporaine, elle a trouvé ses défen-seurs les plus fervents en Allemagne . Dans les nombren-