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IA GRANDE INDUSTRIE
pays sur le clos de chevaux de bât. Pendant longtempsle marchand et le tisserand furent ainsi associés. Mais àmesure que le marchand devint fabricant, il commençaà faire assurer le débit par des voyageurs de commerceet des livres d’échantillons. Guest place cette évolutionaux environs de 1740.
Mais en présence de l’extension du débit, ce mode devente ne suffit plus. Du fabricant, qui de Manchester émigra dans les villages environnants, se sépara le mar-chand auquel le fabricant vend maintenant ses produits.Ainsi se sont séparés l’ouvrier, le fabricant et le mar-chand, ces trois fonctions distinctes qui, encore aujour-d’hui, caractérisent l’industrie.
Mais malgré cet essor industriel, l’industrie du cotonde l’Angleterre avait à compter avec un concurrent su-périeur. Comme aujourd’hui le continent européen etl’Amérique vis-à-vis de l’Angleterre , de même alorsl’Angleterre vis-à-vis de l’industrie indienne du cotonétait réduite à des fils et à des tissus grossiers. II fautremarquer l’influence capitale qu’eut sur son développe-ment ultérieur ce fait que l’industrie anglaise du cotonétait déjà exposée à la concurrence internationale, alorsque le mauvais état des chemins sur le continent rendaitcette concurrence encore à peine sensible.
L’Inde était encore au siècle passé vis-à-vis de l’Europe un pays d’industrie, qui échangeait principalement desproduits industriels, en particulier des tissus de coton etde soie contre des produits naturels, surtout des métaux.Déjà en 1708, de Foe déplore l’importation de tissus decoton indiens en Angleterre . Il est, d’après lui, devenugénéralement de mode, pour les dames, de porter du ca-