LA GRANDE INDUSTRIE
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sèment en premier lieu dans l’industrie du coton. L’avè-nement de la nouvelle époque fut, là comme autrefois enEurope amené par la monarchie la plus mercantile, qui,pour payer ses fonctionnaires et ses soldats, avait besoind’argent, et pour cela favorisait le commerce.
L’Angleterre était au siècle dernier le premier pays decommerce de l’Europe ; l’esprit de commerce pénétramême dans les relations agricoles, de là vient le change-ment caractéristique des rentes de fermage ordinairesen ce qu’on appelle les rack-rents ; la production indus-trielle fut saisie encore davantage de cette fièvre du gainle plus grand possible. Mais par suite de ce progrès ducommerce, l’industrie aussi marcha dans une autre voiesous l’influence de la concurrence. La situation maritimede l’Angleterre , le nombre de ses ports, les circonstancesfavorables à la navigation du flux et du reflux attiraientle commerce, tandis que la difficulté des relations com-merciales sur le continent maintenait encore pendantlongtemps des monopoles industriels. Mais au premierrang s’éleva, sous l’influence de la concurrence, commeon l’a vu plus haut, l’industrie du coton. Avec la con-currence apparut l’effort tendant à l’abaissement des prixde revient, effort qui conduisait à la production en grandet à l’emploi de machines économisant le travail. « Letrafic fut le véhicule extérieur, le commerce l’âme inté-rieure, qui donna l’impulsion à la grande industrie. » '
IL — Les conditions que suppose le commerce, libertépersonnelle et sécurité de la propriété, étaient réaliséesau siècle dernier en Angleterre , comme dans tout pays decommerce, plus que dans les Etats pour la plupart encore