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LA GRANDE INDUSTRIE
revers qui n’était rien moins que réjouissant. On sait quel’Angleterre , dans les dix premières années de ce siècle,possédait un parti ouvrier socialiste révolutionnaire quidépassait en force et en danger tous les mouvements ulté-rieurs analogues du continent. Cette tendance, qui con-duisait à une violente prise de possession de l’autoritépublique par les ouvriers, avait son siège principalchez les ouvriers de la grande industrie naissante. Déjàle grand teinturier Ure est forcé de convenir que nullepart au monde n’existaient d’aussi mauvais rapports en-tre patrons et ouvriers, que dans les grandes industriesanglaises — fait intéressant, si on le compare aux rap-ports existant actuellement en Europe .
A Manchester eut lieu, en 1819, le carnage de Peterloo,occasionné par une charge de cavalerie dans une fouled’ouvriers qui ne s’étaient pas dispersés à la lecturedu Riot Act. — Suivit un attentat sur le premierministre, auquel répondit une loi d’exception, connuesous le nom de « bill Castelreagh », avec des restric-tions considérables apportées à la liberté de réunionet à la liberté de la presse. C’est à Ilyde, un des asilesde la filature et le siège d’une des plus anciennes fa-milles de fabricants, que, dans une assemblée nocturne,en 1838, les ouvriers répondirent par des feux de salveà la question de leurs meneurs, leur demandant s’ilsétaient prêts. A Glasgow régnait un terrorisme quiallait jusqu’au meurtre. Houldsworth et d’autres patronsse refusèrent, à plusieurs reprises, à faire devant lescommissions d’enquête des révélations sur les réunionsd’ouvriers et autres choses semblables, parce qu’ilsavaient à craindre pour leur sécurité personnelle.