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LA GRANDE INDUSTRIE
beaucoup plus favorable que la production d’indiennesimprimées. On trouve même des salaires de 2 à 3 sh.par semaine.
D’après les livres bleus, la pomme de terre et la farined’avoine étaient la nourriture presque exclusive destisserands. Un budget, cité dans le livre bleu, relatif auménage d’un homme, qui se trouvait dans une situationrelativement meilleure, parce qu’il possédait son propremétier à tisser, montre que le dimanche seulement, pourune famille de quatre personnes, on mangeait une demi-livre de viande, tandis que le reste de la semaine on secontentait d’une nourriture encore plus frugale. Celarappelle les rapports établis par Rechenberg et Schliebenpour les tisseurs à la main dans la province de Zittau .En effet, on aurait pu appliquer également à la popula-tion de tisserands du nord de l’Angleterre les conclusionsde Rechenberg, disant qu’il ne serait, souvent en général,rien resté pour les parents, si les enfants avaient euautant à manger que doit l’exiger la physiologie pour laconstitution d’une race saine. Une démarche chance-lante, des joues creuses sont regardées par des observa-teurs d’alors comme caractéristiques de l’ouvrier anglais .La durée moyenne du travail comportait de 14 à 16heures. Les enfants commençaient à tisser à 9 ans,après avoir été déjà auparavant mis au dévidoir.
Oue dans de pareilles conditions, les ouvriers d’alorsn’aient pas constitué des acheteurs pour l’industrie, celase conçoit facilement. Ce que les livres bleus contiennentdans ce sens rappelle, de la façon la plus frappante, lesrécits rapportés par Herkner sur les budgets d’ouvriersallemands.