LA GRANDE INDUSTRIE
? i
■ -i'if
mi
1)2
se du coton fut, plus tôt que d’autres métiers, affranchiede la domination de l’autorité et de l’usage. Il en résulteque la tendance vers la diminution des frais de produc-tion avait suscité l’emploi de machines. Mais les heureuxpossesseurs des machines, qui dépouillaient le filateur enchambre de son débit limité ou mal garanti, étaient deleur côté en situation de monopole vis-à-vis du reste dumonde. Un signe de cette situation se trouve dans lesfortunes accumulées dans un temps fabuleusement court,par les Arkwright, les Peel et autres ; la preuve en estdans la conquête rapide et irrésistible des marchés deLeipzig ou de Francfort. La situation de monopole de l’An-gleterre se prolongea à cause de la guerre en Europe ,qui se transporta aussi dans les Etats-Unis . — Cepen-dant les pays en question étaient alors les marchés desmarchandises de coton anglaises. Aussi les contemporainss’aperçurent-ils de cette situation ; ainsi Ure parle d’un« monopole tacite » que l’Angleterre aurait possédépendant la guerre.
Cela changea après la fin de la guerre ; partout s’élevaune filature nationale, soit sous la protection de droits,comme en France, soit aussi sans cette protection, commeen Suisse. La Suisse principalement devint bientôt unerivale très redoutable pour Manchester, non seulement surses propres marchés, mais encore sur d’autres marchésdu continent et des côtes delà Méditerranée ; elle était favo-risée en cela par des chutes d’eau et un climat relati-vement humide. La Suisse semble aussi être arrivée lapremière en possession d’un travail de fabrique quelque peusavant. Ainsi Ure, remarque qu’en Suisse, la populationpréfère souvent le travail de fabrique à l’industrie en cham-
x