LA CONCURRENCE INTERNATIONALE
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bre, révolution difficile à accomplir, mais à cause decela d’autant plus importante dans les habitudes dupeuple.
L’Alsace, comme la Suisse , jouissait d’avantages analo-gues. Il s’y trouvait déjà vers 1830, bien qu’en despoints isolés, des filatures qui, comme nombre debroches, étaient comparables aux filatures anglaises, parexemple celle de Naegeli à Mulhouse avec 80,000 broches,et celle de Schlumberger et Bourcart à Guebwiller avec54,000 broches. En particulier on y était supérieuraux Anglais pour les connaissances chimiques, etpour l’impression de dessins sur mousseline. On doitaussi regarder comme un signe certain de force indus-trielle, qu’une Société industrielle pétitionne en faveurde l’établissement d’une loi sur les fabriques et que leprésident de la chambre de commerce, Jean Dollfus, inter-vienne pour la modération des tarifs. Dans sa dépositiondevant l’enquête commerciale de 1834, et dans sa réponse àcertaines attaques dirigées contre cette déposition en 1835,il déclare, ayant en mains des comptes exacts des fraisdeproduction, que les fils, de qualitégrossière, ne revien-nent pas plus cher en Alsace , mais plutôt meilleur marchéqu’en Angleterre. « Il s’ensuit que la France , tout bienconsidéré, possède sur l’Angleterre un avantage qui doitgrandir, dans la mesure même où les taxes sur la ma-tière brute et les machines sont limitées.. »
L’Amérique possédait un autre avantage, le bon marchéde la matière première. Cet avantage rendait possible defaire concurrence avec succès à l’Angleterre pour les tissusde coton, même sur certains marchés étrangers, parexemple la Chine, le Chili, le Brésil . Ainsi, en 1834,