LA CONCURRENCE INTERNATIONALE
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rapports de ces différentes classes de commerce reposaientsur un code de droit non écrit. Aucun importateur nepouvait, assure Ellison, essayer de négocier directementavec un courtier d’achat ; celui-ci l’aurait renvoyé aucourtier de vente. Le courtier d’achat ne pouvait pasdavantage conclure des affaires directement avec l’impor-tateur. L’importateur comme le marchand avaient cou-tume d’avoir un ou plusieurs courtiers, qui faisaient, enpermanence, leurs affaires.
Tandis que, du côté de la matière première, s’était déjàintroduite une extrême division du travail, elle faisait dé-faut complètement du côté du débit. Il manquait encore cepersonnage, aujourd’hui si important, du négociant d’ex-portation, qui décharge le fabricant de la connaissancedes marchés étrangers, de la solvabilité des acheteursétrangers ou indigènes, etc. Le fabricant négociait encoredirectement avec le détaillant de son pays ou avec l’im-portateur étranger ; les moyens dont il disposait pourcela étaient le voyageur de commerce et l’agent.
Le fabricant recherchait le client de son pays par unvoyageur de commerce. Richard Cobden fit ce métierdans sa jeunesse. Le continent européen en était aussipourvu. En outre, sur les places les plus importantes ducontinent, les fabricants anglais vendaient par l’entremised’agents établis à poste fixe.
Il en était autrement du commerce avec l’Inde, la Chineet l’Amérique du Sud . Par suite de l’éloignement consi-dérable et de la lenteur des relations à cette époque, cecommerce était exposé aux plus grands risques'. A l’ori-gine, le capitaine affrétait son navire pour son proprecompte, aussi longtemps que le commerce ne fut pas, à
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