LA CONCURRENCE INTERNATIONALE
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On voit combien prédominait déjà au début de la troi-sième décade l’intérêt de l’exportation. C’est sur cette baseque reposait l’attitude prise par les fabricants du Lan-cashire contre les lois céréales. Ce mouvement ne sauraitêtre ici passé sous silence, d’abord parce qu’il était uneconséquence du développement de la grande industrie,aussitôt que l’intérêt de l’exportation devint prépondérant,ensuite parce que son issue confirma le caractère de l’in-dustrie anglaise du coton en tant qu’industrie d’exporta-tion. D’abord l’immense accroissement de l’exportationdes marchandises de coton fut, dans les décades suivantes,la base du perfectionnement ultérieur de la forme de lagrande industrie, et de l’organisation commerciale cor-respondante dans l’étude de laquelle nous entrerons plusloin.
La ligue contre les droits sur les céréales fut un mou-vement capitaliste, provenant des fabricants de coton etde la chambre de commerce de Manchester, après qu’en1820 une tentative des marchands de Londres était restéesans résultat. A leur tête se trouvent le filateur et tisse-rand John Bright et l’imprimeur sur calicot RichardGobden. Déjà les sommes élevées, qui furent dépenséespour l’agitation, et qui montèrent à 10 millions de marcs,y compris la rétribution princière de Cobden pour sesservices, sont la preuve du caractère capitaliste du mou-vement. La cause immédiate du mouvement fut le ralentis-sement des affaires pendant les années 1839 à 1843. En1842, 10 % des fabriques de coton étaient réduites ausilence. Les fabricants, dit Cobden d’une manière expres-sive, avaient mis une partie de leur capital dans lemouvement d’agitation pour sauver le reste.