LA CONCURRENCE INTERNATIONALE
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En réalité l’expérience apprend qu’une semblable si-tuation peut sans doute se présenter, mais non pas ce-pendant au delà d’une limite assez faible. Un petit nombrede millions d’argent comptant, retirés ou ajoutés à laprovision de métal précieux d’un pays, produisent déjàune élévation ou un abaissement du taux de l’argent,qui suffisent pour amener le résultat contraire et parsuite l’équilibre. Le marché de l’argent principalementest déjà sensible à des fluctuations, qui ne peuvententrer en ligne de compte avec les sommes gigantesquesde l’échange international des biens. L’ensemble du mé-tal précieux d’une nation, qui sert uniquement à l’or-nementation et à des buts industriels, ne saurait suffirepour payer l’importation même pendant une seule année.Ainsi en 1880, par exemple, l’ensemble du métal pré-cieux renfermé dans les caisses de l’Angleterre était en-viron de 140 millions de L., tandis que l’importations’éleva au-dessus de 400 millions de L.
Partant de ce point de vue, les fabricants de coton duLancashire prétendaient qu’il revenait au même de sou-mettre leurs fils et leurs tissus à un droit d’exportation,ou bien l’entrée des marchandises reçues en échange à undroit d’importation. Comme l’Angleterre suffisait à satis-faire ses besoins industriels, la grande masse de l’importa-tion ne pouvait consister qu’en produits naturels; maisdes objets naturels plus chers et appartenant au luxe neseraient achetés, que si les besoins au point de vue de lanourriture étaient satisfaits; c’est pourquoi les céréalesconstituaient, d’après eux, la part la plus importante desmarchandises fournies par les nations étrangères et nonindustrielles en échange des produits de l’industrie an-