LA CONCURRENCE INTERNATIONALE
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janvier 1836, le prix d’un quart de froment était, d’aprèslui, à Hambourg-, Amsterdam, Anvers et Stettin de 11.8 sh. 1 d., tandis qu’il était à Londres de 2 livres 4 shil-lings 6 deniers. Un rapport analogue existait entre l’An-gleterre et l’Amérique du Nord. Mais Ure non plusn’arrive pas à une idée juste de l’influence du prixdes denrées sur les frais de production de l’industrie.Son regard s’attache en première ligne à la possibilitéd’un abaissement des salaires. Si en Angleterre le mon-tant des salaires suffit tout juste pour assurer à l’ouvrier uneexistence nécessiteuse, ces salaires ne pourraient jamaisêtre réduits. Là au contraire où, avec le salaire payé, onpeut acheter beaucoup plus que le strict nécessaire, làexisterait la possibilité d’une réduction des salaires.Ainsi le taux peu élevé des salaires sur le continent se-rait fondé sur le bas prix des denrées.
Les fabricants du Lancashire avaient sans doute raisonlorsqu’ils pensaient que le bon marché des denrées pré-sageait aussi un prix peu élevé du travail ; ils se trom-paient pourtant en ce sens qu’ils confondaient le basprix du travail avec l’abaissement des salaires. Le basprix du travail n’équivaut à l’abaissement des salairesque dans cette période initiale du développement de lagrande industrie, dans laquelle l’ouvrier ne produit pasplus qu’il n’est nécessaire pour la satisfaction de ses be-soins d’existence. Si elle coûte peu, il s’ensuit en effet lapossibilité de réduire les salaires, et c’est l’unique moyende rendre le travail bon marché. Il en est autrement làoù, de ce prolétariat de fabrique étendu, a surgi l’ouvriermoderne. Les fabricants anglais savaient pourtant par-faitement bien que leur filateur travaillait à meilleur