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LA GRANDE INDUSTRIE
rnière ligne l’histoire d’une quantité qui croît et se déter-mine de plus en plus par rapport à ce qui l’entoure : enun mot une intégration. A côté de cela, c’est l’histoired’une différenciation intérieure croissante. L’uniformitéde structure disparaît devant le perfectionnement desparties qui se développent d’clles-mêmes dans une me-sure croissante, et reçoivent des fonctions toujours plusdifférentes à remplir. Mais à mesure que les parties sedistinguent les unes des autres, leur dépendance réci-proque s’accroît. L’une ne peut subsister sans l’autre;un changement d’une partie modifie le tout ; une pertur-bation d’une partie dérange le tout : on a donc unedifférentiation. Il en est ainsi pour les phénomènesphysiologiques, aussi bien que pour les phénomènessociaux.
Ainsi progresse l’évolution depuis les êtres les pluspetits, de l’ordre le moins élevé, jusqu’aux formes puis-santes du monde animal supérieur, depuis le protoplasma,peu distinctdes éléments extérieurs, jusqu’à l’être intégral,solidement constitué en soi et nettement distinct des élé-ments extérieurs. Tandis que dans les échelons inférieursde l’évolution, la structure intime est uniforme, il s’éta-blit une différence toujours plus grande des parties ; àla place d’une agglomération de cellules de même formeprennent naissance des organismes compliqués. A l’ori-gine chaque partie remplit toutes les fonctions ; ainsi lacellule primitive subvient à la fois à la nourriture et à lareproduction. Plus tard un organe spécial est formé pourchaque fonction. Ainsi augmente la dépendance récipro-que des parties l’une par rapport à l’autre, par exemplecelle du cœur vis-à-vis du système nerveux, et de l’en-