CENTRALISATION ET DIVISION DU TRAVAIL
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semble vis-à-vis des parties. On peut diviser à volontéles organismes inférieurs, ils continuent à vivre. Ladestruction d’un des organes d’un organisme supérieurnuit à tous les autres organes, et peut même tuer l’orga-nisme tout entier.
De même l’évolution économique est, avant tout, l’his-toire d’une grandeur croissante et d’une séparationprogressive des éléments environnants. D’abord la petiteindustrie est répartie sur tout le pays ; en regard, onpeut lui opposer les industries gigantesques modernesqui se localisent géographiquement.
Ici aussi on retrouve la même division progressive dutravail. Tandis qu’à l’origine tous les métiers sont réunisdans une même exploitation — la ferme suffisait elle-même à son entretien, ainsi que la commune du tempspassé — peu à peu l’agriculture se détache de l’industrietextile, celle-ci de la préparation des métaux, etc. Mais enmême temps s’accroît la dépendance réciproque des ex-ploitations particulières. L’exploitation isolée des tempsprimitifs peut être sans inconvénient séparée de l’exploi-tation semblable ; l’exploitation, reposant sur la divisiondu travail et l’échange, périt si on rompt ses liens avecl’ensemble, ou bien elle retourne à la forme d’exploita-tion primitive.
Il en est de même quand on ne considère qu’une seuleprofession, par exemple l’industrie textile. A l’origine lastructure intime en est uniforme ; chacune des petitesexploitations produit les matières premières, les façonneet les emploie ; même là où plus tard survient l’échange,le petit industriel est producteur et marchand tout à lafois. En face de lui s’élève l’industrie moderne, dans la-