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LA GRANDE INDUSTRIE
quelle toutes ces fonctions sont distinctes, production etconsommation, domaine industriel et domaine commer-cial. Il se forme un marché spécial pour la matière brute,un autre pour les marchandises fabriquées ; ces deuxmarchés sont séparés par la fabrication. Ces trois termessont reliés par des termes intermédiaires. De même, dansl’intérieur de la fabrication, se produit une division pro-gressive du travail ; il revient moins cher de produire1000 objets du type A que 500 du type A et 500 du typeB. Mais là aussi la division progressive du travail entraîneune dépendance croissante des métiers particuliers entreeux. Une perturbation du marché de la matière bruteexerce son action nuisible sur la fabrication et le débit ;la stagnation du débit nuit aux deux termes qui précè-dent. L’industrie passe de plus en plus de l’état de sommed’organismes isolés répandus sur tout le pays, mais sem-blables entre eux, à celui d’organisme complet, composéd’unités d’espèces différentes, concentrées géographique-ment et dépendant les unes des autres.
Aucune industrie n’est plus propre à prouver l’exacti-tude de ces idées d’Herbert Spencer que l’industrie an-glaise du coton.
Ici surtout entre en ligne de compte la concentrationde l’industrie et la division du travail qui se développeavec elle. Le Lancashire , ou plutôt la petite partie méri-dionale du comté, dont la surface n’est pas supérieure à25 milles anglais carrés, devient le siège exclusif de cetteindustrie universelle qui à l’origine n’était nullement ainsiconcentrée. L’industrie irlandaise, qui autrefois ne, njan-quait pas d’importance, a cessé d’exister ; l’Ecosse , quiétait autrefois en concurrence avec le Lancashire , est ré-