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LA GRANDE INDUSTRIE
et des machines, que de recevoir en présent la mêmefabrique dans un endroit qui ne possède pas ces avan-tages. »
La division du travail, qui existe entre les régionsindustrielles, se poursuit entre les exploitations isolées.L’industriel isolé fabrique aujourd’hui un petit nombrede spécialités. Les grandes filatures d’Oldham et de Bostonne filent plus par exemple, bon an mal an, qu’un seulnuméro ou très peu de numéros différents. De même,beaucoup de fabriques du nord du Lancashire ne fontqu’une espèce de tissus courants.
Cette division étendue du travail n’est rendue possible(jue par la sûreté du débit, que garantit l’organisationdu commerce de Manchester. Ce dernier aussi a utilisédans une large mesure les principes de la centralisationet de la division du travail. Le point capital ici est quel’industriel ne cherche plus lui-même les clients; le négo-ciant en gros ou l’exportateur servent d’intermédiairesentre eux.
Nous avons suivi plus haut le coton jusqu’à son achatpar le filateur au moyen du courtier. Un réseau dechemins de fer et de canaux fournit les moyens de trans-port de la matière brute, depuis le marché jusqu’auxcentres de production. Tandis que les anciennes filaturesétaient presque toujours situées au bord des canaux, etque les cotons étaient portés directement du bateau dansla salle des mélanges, les nouvelles filatures sont plusfréquemment réduites au transport par voies ferrées,souvent par des embranchements avec les lignes princi-pales.
L’ouverture du canal maritime qui se trouve en cons-