CENTRALISATION ET DIVISION DU TRAVAIL
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truction annonce encore une augmentation de la facilitédes relations; déjà aujourd’hui, dans le voisinage deManchester , on peut voir creusés ces docks puissants, quine demandent plus que d’être reliés avec la mer pourrecevoir directement, au centre même du siège de l’in-dustrie, la matière brute venant du pays de production.Une agitation de dix années en paroles et en écritssoutenue parles industriels aussi bien que par les ouvriers,a précédé cette œuvre gigantesque. On a établi le 30juillet 1883 les droits d’expropriation, pour lesquelsl’approbation du Parlement eut à prévoir la fixation d’untarif maximum. Après cela, le prix du transport deLiverpool à Oldham, qui était jusque-là aussi coûteuxque de Bombay à Liverpool, sera diminué au moins d’1/3.
Comme le filaleur achète la matière première, laplupart du temps au comptant ou à courte échéance, sonintérêt est de vendre son fil dans le temps le plus courtpossible. Il en résulte que le temps pendant lequel lecoton est en fabrique est réduit à une durée toujours pluscourte, qui va même jusqu’à quelques jours. Il ne fautaussi tenir en magasin que le moins de coton possible. Lefilatcur anglais va d’ordinaire tous les huitjours à Liver-pool, pour y acheter ce dont il a besoin pour une semaine,de même qu’il vend son fil à la bourse de Manchester d’une à deux fois par semaine. Les pertes d’intérêt dispa-raissent ainsi, et le capital nécessaire à l’exploitationdevient moindre. Ce n’est qu’en présence de prix du cotonexceptionnellement avantageux qu’il constitue un appro-visionnement. Cette évolution des conditions de paiementa un autre avantage pour le filateur anglais ; comme lescours de la Bourse des fils suit ordinairement les prix