CENTRALISATION ET DIVISION DU TRAVAIL
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Losch remarque, à propos de ces chiffres, que l’ensem-ble de la production des personnes en question, une foisobtenu par la voie de la grande industrie, exigerait unnombre beaucoup moindre d’ouvriers, et rendrait pos-sible un accroissement du bien-être de chaque ouvrieren particulier et une augmentation de la puissance deconcurrence de l’industrie allemande. En elîet, ces chiffrescomprennent la masse parmi les tisseurs en chambre alle-mands en proie à la plus grande misère, dont la dispa-rition n’est à attendre que de la disparition de l’industrieen chambre elle-même.
Les avantages qui reviennent à l’industrie anglaise àcause de sa plus grande centralisation sont de différentessortes et décisifs. D’abord l’Angleterre est prépondérantesur le marché du coton. Que l’Allemagne se soit affran-chie de Liverpool et achète directement dans le pays deproduction, c’est là, il est vrai, un progrès ; car le fila-teur étranger avait à payer à Liverpool constamment3 1/2 0/0 déplus que l’Anglais , d’après l’enquête faite(Protocole, p. 389). Mais en même temps tous les désa-vantages résultant de l’absence de division du travailatteignent le filateur allemand. Au lieu d’acheter tous leshuit jours, il lui faut acheter pour des mois. En dehorsdes pertes d’intérêts qu’il subit, il est englobé dans lesfluctuations du marché du coton et contraint de se livrerà la spéculation. Il n’est que trop souvent la victimed’envois mauvais, non conformes à l’échantillon. De lasituation si désavantageuse du filateur allemand isolé, ondoit conclure que la « Cotton Buying Company », quicomprend plusieurs millions de broches, n’ose plus au-jourd’hui, ce que le filateur allemand isolé est obligé de