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LA GRANDE INDUSTRIE
faire, acheter elle-même dans le pays de production,tant lui semblent grands les avantages du marché deLiverpool, où le coton égyptien lui-même est la plupartdu temps moins cher qu’à Marseille .
Quelques-uns de ces inconvénients ont disparu parl’établissement d’un marché du coton à Brême ; il a surgid’un accord entre les associations de filateurs allemandset les importateurs de Brême en 1886. Ce marché ducoton est appelé à exercer une excellente influence surles affaires dans l’avenir. Quatre représentants de la fila-ture de coton allemande ont pris place dans la commis-sion. Les filateurs allemands ont cherché ainsi à diminuerautant que possible les risques de perte. Le développe-ment du marché de Brême est d’autant plus probablequ’il y a aujourd’hui presque 12 millions de broches dansle territoire qu’il comprend, c’est-à-dire pour les fila-tures de l’Allemagne, de la Suisse, de l’Autriche , de laPologne et en partie de la Belgique .
Les défauts de l’éparpillement ne sont pas moindresrelativement à l’exploitation proprement dite. Tandisqu’en Angleterre , le filateur et le tisserand ne produisentsouvent qu’une ou deux spécialités, le fabricant allemanda des centaines de modèles. Il est ainsi obligé de trans-former fréquemment ses machines et d’employer lesouvriers à un travail nouveau, ce qui entraîne non seule-ment une production totale plus faible et plus de fraisd’exploitation, mais encore une usure plus grande. A celase joint qu’en Allemagne la réunion de la filature et dutissage dans la même affaire est encore le procédé le plusrémunérateur — déjà pour cette raison que les difficultésdu débit ne se présentent qu’une fois — exactement