CENTRALISATION ET DIVISION DU TRAVAIL
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comme l’indiquent les enquêtes anglaises de 1830; au-jourd’hui , au contraire, l’organisation du marché enAngleterre rend possible cette séparation préférable, aupoint de vue technique, entre la filature et le tissage.
Enfin, sans concentration, un travail d’une puissanceproductive élevée est impossible, car un pareil travail sup-pose une occupation exclusive d’une population depuis desgénérations dans la même industrie. Ce n’est qu’au sièged’une industrie concentrée qu’on peut trouver le travail sepoursuivant, toujours avec sécurité, tandis qu’il n’est pasrare queles fabricants allemands doivent continuer à fabri-quer même avec perte, afin que les travailleurs pénible-ment instruits ne leur partent pas entre les mains, ce dontl’Alsace et d’autres pays fournissent des exemples (1). Enparticulier, les filatures du sud de l’Allemagne , isoléespour la plupart, doivent attirer toujours de nouveau àelles des ouvriers d’autres professions. A peine dressés, ilsquittent souvent la fabrique pour retourner au travaildes champs, au commerce ou au service domestique.Dans l’enquête allemande revient fréquemment cetteplainte que peu d’ouvriers seulement pensent à consacrerleur vie au travail de fabrique. C’est dans la possessiond’une population permanente d’ouvriers que résided’après cela la grande supériorité de l’Angleterre , où ce
(1) Par exemple « Protokolle, p. 3G0ct 387 » : Une usine qui veut,à un moment donné, filer des numéros fins ne peut éviter d'avoir desouvriers en surplus, pour ne pas être prise au dépourvu quand elle re-vient aux gros numéros. De même Grassmann (Ausburgcr Industrie)parle d'un renouvellement fréquent du personnel tenant spécialementà l'habitude prise par les jeunes ouvriers de changer de situation auprintemps. Le service militaire obligatoire a aussi une influence dé-sorganisatrice dans cet ordre d’idées.