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LA GRANDE INDUSTRIE
fréquent changement de profession est chose inconnue.Les fabricants allemands sont aussi unanimes à recon-naître que ce n’est pas le manque d’aptitudes qui rendl’ouvrier allemand moins capable de production quel’ouvrier anglais , mais plutôt le manque de tradition,comme le fait d’appartenir à une industrie décentralisée.De pareilles conditions font, dit un homme compétentet écouté, après avoir revendiqué, pour la dispersion,certains avantages au point de vue politico-social, quenous ne pouvons jamais avoir les ouvrières exercées del’Angleterre , où le fils et les enfants des enfants seconsacrent au travail de fabrique pour toute leur vie,et où le fabricant, par suite de la grande pratique, àlaquelle on arrive dans le service des machines, peut setirer d’affaire par exemple avec 3 ou 4 ouvriers pour1000 broches, tandis qu’il nous en faut 6 à 10 pour lemême nombre.
L’industrie centralisée a encore un autre avantage ex-trêmement important; elle seule développe la construc-tion des machines consacrées exclusivement à l’industriedu coton et à ses progrès techniques. Cela rend possibleun abaissement important des frais d’installation et d’en-tretien vis-à-vis des établissements, qui tirent leursmachines de loin et payent d’un prix élevé des ateliersde réparation particuliers, où ils doivent souvent entre-tenir des mécaniciens qu’ils n’occupent pas complète-ment. En Angleterre , les travaux de montage comme ceuxde réparation sont exécutés par des ateliers rapprochésqui offrent en même temps les garanties de la techniquela plus avancée. Comme en Alsace la concentration del’industrie est plus avancée qu’en Allemagne , cette con-