CENTRALISATION ET DIVISION DU TRAVAIL 121
trée possède seule aussi un établissement de constructionde machines exclusivement destinées au coton, qui cepen-dant est incapable de desservir toute l’Allemagne . Cedernier pays est réduit à prendre en première ligne desmachines anglaises.
Les avantages de la dispersion sont faibles par contre.Extrêmement douteux est l’avantage des salaires bas,auxquels ne correspond que trop souvent un travail mau-vais et cher précisément à cause de cela. Cet avantagedevient d’autant plus illusoire qu’aujourd’hui les néces-sités de la vie sont moins coûteuses dans les centres commerciaux que dans des villes de province éloignées ; plusimportante est la possession des chutes d’eau, sur laquellerepose principalement la dispersion de l’industrie alle-mande. Mais même en Allemagne s’accomplit le passageinsensible à l’emploi de la vapeur.
Mais la décentralisation est particulièrement désavanta-geuse relativement au débit. Pour cela aussi le fabri-cant allemand se trouve soumis aux désavantages, con-tre lesquels avait à lutter le fabricant anglais vers 1830.Le fabricant allemand cherche encore ses clients à l’aidede voyageurs et d’agents, et ces clients sont souventdes marchands au détail dont la solvabilité est souventdouteuse, dont le besoin de crédit est toujours certain.De là les doléances sur les mauvaises conditions depaiement en Allemagne , qui apparaissent nombreusesdans l’enquête. Les fabricants auraient de trois à quatremois, souvent six et même douze mois à attendre leurpaiement — il y aurait véritablement un « terme sansbornes », une complète anarchie dans le mode de paie-ment. Sir Walter Raleigh avait fait un jour le même re-