122
LA GRANDE INDUSTRIE
proche aux Anglais , disant que la grandeur économiquedes Hollandais reposait sur le système du paiement aucomptant.
Les désavantages qu’on vient de dépeindre ne peuventêtre détruits que par une division toujours croissante dutravail. Le fabricant ne peut être en même temps com-missionnaire, banquier, négociant et même détaillant ;il a besoin d’un acheteur sûr et solvable. Il est dans lesmeilleures conditions lorsque le débit est concentré surun seul marché, et que le cours delà Bourse simplifie lalutte entre le client et le marchand. La recherche des clients,à l’étranger comme au dedans, le fardeau de tous les ris-ques possibles du débit sont en tous cas une tâche assezlourde, pour réclamer toute l’énergie d’un homme. Seulle gros négociant est en état de payer le fabricant com-ptant ou à terme fixe, à courte échéance. Mais c’est sur-tout là où on s’occupe d’exportation que l’éparpillementde la vente est un obstacle. Le fabricant ne peut pas sui-vre les modes de l’Australie et de l’Amérique du Sud ;l’acheteur étranger ne peut pas voyager de fabrique enfabrique.
Sans doute il existe aujourd’hui en Allemagne desgermes de la formation de cet intermédiaire importantentre le fabricant et le consommateur. En Alsace s’estconservé, depuis la domination française, un commission-naire assurant le débit, qui forma aussi en Angleterre latransition au marchand en gros. Dans l’Allemagne duNord, des exportateurs se présentent souvent commeacheteurs à leur compte, de même que d’un autre côté degrandes maisons du pays commencent à s’occuper de larépartition sur le marché intérieur. Ainsi l’industrie aile-