PRÉDOMINANCE CROISSANTE DU CAPITAL 125
ravant on n’employait que des cotons américains de meil-leure qualité. C’est surtout la guerre de la Sécession quia poussé dans cette voie et a appris à traiter avec succèsdes fibres plus courtes. On a fait également des progrèsdans l’utilisation de la matière. En 1834 le déchet attei-gnait encore 1/7 de la matière employée; aujourd’hui iln’est plus que de 1/10. En outre, maintenant on utiliseavec succès une grande partie des déchets mélangés avecde meilleures sortes ou pour des numéros plus fins, prin-cipalement dans le Lancashire .
Mais l’importance de la matière première diminue en-core sous un autre rapport. On en vient de plus en plusà des combinaisons où, dans les frais de production, l’é-lément matière est primé par l’élément travail et l’élé-ment capital. L’évolution a été favorisée par les particu-larités climatériques déjà mentionnées. Tandis quel’humidité de l’air a peu d’importance pour les gros numé -ros, elle constitue, pour les numéros fins, un avantagemarqué. C’est ainsi que l’Angleterre a conservé le mono-pole des numéros fins, tandis que, pour les numéros plusgros, une filature locale a pu se développer soit en Europe ,en Amérique , grâce à des droits protecteurs, soit, dansl’Inde ou en Chine, sur la base de certains avantagesnaturels.
La proportion de coton brut par broche se chiffraitainsi au commencement de 1880 :