126
LA GRANDE INDUSTRIE
La différence en faveur de l’Angleterre est plus con-sidérable encore que ne le montrent les chiffres précé-dents, parce que la broche anglaise produit plus dans lemême temps que la plupart de ses concurrentes. Tandisque, du tableau ci-dessus, on pourrait admettre que l’An-gleterre file environ deux fois aussi fin que l’Allemagne ,en fait et, pour la raison qui vient d’être donnée, les nu-méros de section anglais sont plus du double des numé-ros allemands. Aujourd’hui en Angleterre ces numérosdépassent le chiffre 40, tandis que la filature indienne,la concurrente la plus sérieuse, ne peut filer avec succèsdes numéros supérieurs à 20.
La même évolution se produit avec moins de nettetédans le domaine du tissage, car ici il entre en considéra-tion, pour une trop forte part, le pouvoir d’achat encoretrop faible des peuples orientaux, que comporte la na-ture grossière des tissus du Lancashire . Pour les tissusfins à destination des marchés d’Europe et d’Amérique ,l’habileté du décorateur, le dessin, la couleur ont tropd’influence pour que les Anglais puissent obtenir un mo-nopole sur ce terrain. Car c’est précisément là que detout temps le continent a eu l’avantage.
Le progrès technique, qui consiste à donner plus d’im-portance au facteur capital qu’au facteur travail, se ma-nifeste par l’accroissement de production correspondantà une diminution des forces employées par le travail. On